L’Islande à pied du Sud au Nord

Iceland Glacier Alone

J’ai embarqué pour l’Islande sans vraiment savoir où j’allais marcher. Au début je voulais y aller doucement. Après 18 mois d’aventures avec mon sac à dos, je voulais des randonnées calmes et tranquilles.
Évidemment, après 8 heures de vol, mon état d’esprit avait complètement changé et j’avais décidé de parcourir l’Islande à pied d’un dès points le plus sud à l’un des points le plus nord, en passant par l’intérieur des terres.

Après mes aventures en solitaire, tel que mon trek en Mongolie, ou parcourir la Nouvelle-Zélande à vélo, ou atteindre des pics Bolivien, ou remonter en kayak les côte Ouest Canadienne, c’était le minimum que je puisse faire.
Ne faites pourtant pas d’erreur : malgré cette décision de dernière minute, j’étais (relativement) préparé pour affronter ce défi. Mon sac à dos était plein de vêtements chaud et de matériel technique.

Exonération de responsabilité

Étant un marcheur expérimenté, ce que vous allez lire peut ne pas forcément s’appliquer à vous. 
Merci de prendre le temps de comprendre qui je suis avant de vous aventurer dans cet article.
Nous ne réagissons pas tous de la même manière à l’environnement local et le temps peut que vous vous aurez peut être très différent du mien.
Faites en sorte de connaitre votre corps et votre force mentale avant de vous engager dans de longues randonnées. 

En Bref :
– Type de rando : 1 out of 2 stars Point A à Point B
– Sac à dos : 3 out of 3 stars (3 / 3) Grand sac (~70L)
– Distance à parcourir : 5 out of 5 stars (5 / 5) – 450km / 280 miles. Faisable en 14 jours
– Elevation positive : 2 out of 5 stars (2 / 5) – 3000m / 10,000ft (concentré sur les 4 premiers jours)
– Accessibilité : 1 out of 5 stars (1 / 5) –Utilisation de navettes recommandé
– Difficulté générale : 4.5 out of 5 stars (4,5 / 5) – Très long, solitude poussée, temps hasardeux

Préparation

Soyons clair avec une chose : l’Islande a une météo très dure et impitoyable. Prenez cette alerte sérieusement.
Ne faites pas cette randonnée sans matériel approprié (voir l’article sur le matériel à prendre pour les longues randonnées).
Vous aurez besoin de :

  • Vêtements chaud, résistant à la pluie et coupe-vent, même si vous marchez en été
  • Sac de couchage de -5°C (19F) au minimum
  • Sac à viande
  • Matelas gonflable isolé
  • Couverture de survie
  • Sandales, pour toutes les rivières à franchir

Attention

Skogar et Husavik sont séparés d’environ 450km avec 3000 mètres de dénivelé positif (dont 2000m dès les 4 premiers jours).
Cela vous prendra entre 14 et 17 jours (ne le faites pas si vous pensez faire plus).
Il n’y a pas de magasins sur le chemin, donc embarquer toute votre nourriture dès le début.

Atteindre le départ

The upper part of the Skogarfoss waterfall
La partie supérieure de la cascade Skogarfoss

GPS coordinates: 63.529957, -19.512328
Le trekk commence à l’un des points les plus sud de l’Islande : Skogar, très réputé pour sa cascade. Sur une carte il est généralement plus simple de trouver Skogarfoss (la cascade de Skogar) que Skogar en soi.
Vu qu’il s’agit d’un périple à sens unique (point A à point B), la meilleure façon de se rendre au point de départ est de faire du stop ou de prendre un bus qui vous déposera là.

/!\ Faites très attention : les moyens transports sont très très limités une fois Husavik atteint. Il vous faudra soit prendre un vol onéreux au départ de l’aéroport d’Husavik, soit faire du stop sur 600km jusqu’à rejoindre Reykjavik (si vous terminez votre périple avant mi-Septembre, vous pourrez peut-être faire du stop que jusqu’à Akureyri et de là prendre un bus jusqu’à Reykjavik).
A cause de cela, vous devriez peut-être envisager de parcourir cette randonnée du nord au sud.

L’Islande à pied de Skogar à Husavik

Le début de ce voyage est assez houleux. Vous commencez quasiment au niveau de la mer avec comme objectif de passer un col situé à 1068m. Ce col sépare 2 volcans/glaciers : le Mýrdalsjökull et le désormais tristement célèbre Eyjafjallajökull (vous en avez entendu parlé en 2010).
Après ce passage vous commencerez votre descente dans une pente très exposé au vent vers la vallée de Thorsmork.
Certaines personnes font ce morceau de randonnée en l’espace d’un jour, d’autre la coupe en deux en dormant dans un refuge situé près du col.
Note: Dans cette zone, et jusqu’à ce que vous quittiez Landmannalaugar, le bivouac est soit interdit soit obligatoirement sur un camping public.

Après avoir atteint le terrain de camping de Thorsmork, vous allez débuter un périple de 55km sur le très connu (et touristique) chemin de Laugavegur vers les sources chaudes de Landmannalaugar (entièrement gratuites!).
La plus part des gens parcourent le Laugavegur du nord au sud. J’ai personnellement trouvé qu’il était bien plus confortable pour mes jambes et pour la vue de la faire dans le sens inverse : du sud au nord (de plus, vous atteindrez les sources chaudes à la fin, ce qui vous permettra de vous reposer et vous détendre).
Le chemin de randonnée est tellement touristique que vous pouvez être sur de ne pas vous perdre. Sachez juste qu’il y aura un peu de dénivelé positif à faire.

Le choses vont commencer à se compliquer lorsque vous quitterez Landmannalaugar. Vous quittez les sentiers rempli de gens pour un no-man’s land sans aucun panneau de signalisation pour les prochains 380km.
Tout d’abord, vous devez marcher 32km afin d’atteindre un pont situé 5km à l’ouest de la station service Olis sur la route F26. Afin d’y arriver, commencez par marcher sur la route F224, puis tournez à gauche sur la F208 et restez-y jusqu’à atteindre la route F26 (après 24km). Tournez à gauche sur la F26 jusqu’à atteindre un pont sur votre droite (après 8km). – Une deuxième option serait de tourner à droite sur la F26 et rester dessus pendant 44km. Cela pourrait vous sauver 15-20km sur le parcours total. Mais ne l’ayant pas fait, je ne peux me prononcer dessus.
Une fois le pont traversé, suivez la route pendant 3km avant de tourner à droite sur une piste de 4×4 assez voyante, rapidement suivi par un virage à gauche. Vous allez maintenant commencer une longue, mais très légère, ascension.
Après 15km, vous atteindrez une intersection de pistes de 4×4, continuez tout droit. Continuez tout droite jusqu’à atteindre le lac Storaversion. À ce moment, tournez à gauche sur ce qui semble être une piste de piste de 4×4 un peu plus marquée. Vous allez suivre la partie nord du lac et doucement vous diriger vers le lac Kvislavatn. Vous allez le suivre entièrement, en zigzagant entre les dunes jusqu’à atteindre son point le plus nord. 
À ce moment, continuez vers le nord, pas vers l’Est, vers l’aérodrome Sprengisandur (qui n’est en réalité pas un aérodrome. À peine un espace plat où atterrir). Ne partez pas trop vers l’Ouest non plus.
SI le temps le permet, vous devriez vous rendre compte que vous vous rapprochez doucement du glacier Hofsjokull situé sur votre gauche. Vous allez effectivement marcher prêt de sa bordure ouest pendant 2 ou 3 jours (avant de couper à travers la terre et vous dirigez vers la glacier Vatnajokull).

Loneliness feeling in Iceland is constant
Le ressenti de solitude est constant en Islande

Alors que vous marchez le long du glacier Hogsjokull, si vous suivez la piste de 4×4, vous devriez tomber sur un panneau “Dead end” (sans issue). N’y prêtez pas attention car le chemin est tout à fait praticable à pied.
Au bout d’un moment, vous atteindrez un barrage suivi, après 2-3km, d’une rivière que vous devrez traverser. La piste de 4×4 disparait progressivement après cela. Dirigez vous vers le Nord-Est pendant 15km puis coupez plein Est vers le glacier Vatnajokull (il y a un refuge nommé Nyidalur ouvert de Juin à Septembre uniquement, si vous en avez besoin).

Vatnajokull Glacier in Iceland
Le Glacier Vatnajokull en Islande

Si vous continuez de marcher vers l’est, vers le glacier Vatnajokull vous finirez par tomber sur le route F26 -qui n’est désormais plus qu’une piste de 4×4- que vous devez suivre vers le nord pendant 7km avant d’atteindre et de bifurquer à droite sur la route F910.
/!\ Si vous trouvez que cela devient trop dur pour vous and que vous vous sentez seul, alors restez sur la route F26, car la partie dure ne fait que commencer. 
Ce périple fini au même endroit de toute façon. Autrement, continuez la lecture.

Après avoir marcher sur la piste F910 pendant 27km, en avoir eu besoin de constamment enlever vos chaussures pour traverser la multitudes de rivières, vous atteindrez enfin un vrai pont vous permettant de passer au-dessus d’une cascade. Tournez à gauche juste après ce pont.
/!\ Le chemin que vous allez désormais suivre est difficilement accessible aux véhicules de secours et il n’y a pas de service de téléphone. Il faut parcourir environ 80km, avec de nombreuses rivières à traverser et un grand nombre de pistes de 4×4 qui donnent l’air de mener nul part, suite à une éruption ayant eu lieu en 2010-14 qui a modifié le paysage.

Ressenti de solitude en Islande, toujours

Continuez à marcher vers le nord, en suivant plus ou moins la rivière que vous venez de traverser, jusqu’à atteindre un champs de lave (sec). C’est un vrai labyrinthe qui s’étale face à vous, mais il y a encore quelques traces de 4×4 ici et là que vous pouvez suivre tant que vous vous dirigez vers le nord.
Une fois sorti de là, remontez la pente vers le nord (et un peu Est). Vous devriez atteindre une petite plaine remplie de trous d’eau et de petits torrents. Traversez cet immonde ensemble vers l’Est. Ne vous fiez à aucune trace. Une fois passé, marchez vers le Nord-Est et vous devriez à nouveau trouver une piste de 4×4. Continuez à marcher et traversez encore plus de rivières (chaussures off, pantalon off, sandales on, sandales off, séchage, pantalon on, chaussures on. Répétez.).
Environ 15km après la plaine à trous d’eau, vous allez atteindre un endroit plat avec un mur de caillou vertical d’à peu près 4m de haut, et un torrent se déversant dans une gorge sur votre gauche (Nord-NordEst). Suivez ce torrent et continuez vers le nord. 
Face à vous devrait s’élever une série de collines assez élevées (à l’Est du torrent). Vous devrez les passer avant de redescendre dans la vallée derrière. Vous pouvez toujours essayer de suivre le torrent (devenu rivière) plutôt que de passer par le haut, mais vous aurez peut-être quelques cascades à traverser, donc je ne sais pas si cela vaut le coup. 
Cela prend un jour entier de monter puis redescendre dans la vallée. Et il y a encore un paquet de rivières à traverser.

Une fois que vous commencerez à descendre dans la vallée, vous devriez voir au loin (très loin) une cabane en bois. Servez-vous en comme point de repère car vous devrez passer devant.
Lorsque vous attendrez cette cabane en bois, continuez droit devant vers le nord. NE PARTEZ PAS vers l’Est-NordEst. C’est une erreur que j’ai commis et je me suis retrouvé devant la rivière Suthura qui est tout simplement impossible (ou presque) à traverser. Après des heures passées à remonter la rivière de long en large, j’ai finalement trouvé un passage très risqué. L’eau était glaciale et prête à m’emporter. Jamais je n’ai vu mes pieds aussi blancs. J’ai immédiatement monter ma tente et je me suis blottis dans mon sac de couchage avec une couverture de survie en plus.
Bref, si vous continuez de marcher vers le nord et de suivre la rivière Skjalfandafljot vous devriez, 22km après la maison en bois, voir une ferme sur votre gauche. Tournez alors à droite (Est) et vous devriez atteindre un pont. Traverser le pour atteindre la route pavée 843.

De là de nombreuses options s’ouvrent à vous. Le mieux est de rester sur la route 843 pour les 30 prochains kilomètre avant d’atteindre la cascade Geitafoss et la fameuse route 1. Puis, visez la route 845 et suivez les sentiers le long de la route pendant 50km avant d’atteindre Husavik.
Je ne recommande pas de passer par le lac Myvatn. EN regardant les images satelites, j’ai bien vu des traces de 4×4 qui traversaient les branches de la rivière Kraka, sans voir aucun pont. C’est exactement le problème auquel j’avais du faire face avec la rivière Suthura. J’ai bêtement suivi une piste de 4×4, mais une fois face au lit de la rivière, je me suis rendu compte que cela ne menait à rien.
C’est une chose de traverser une rivière jusqu’au genou, s’en ait une autre lorsqu’il s’agit d’une rivière qui peut facilement vous balayer d’un coup lorsque l’eau vous monte jusqu’aux fesses.


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